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2010     DOS TIEMPOS EN EL MISMO ESPACIO / Museo Antropologia / MEXICO D.F. / MEXICO

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El paisajismo de Agueda lozano de Luis Ignacio Sainz

Le problème de l’argumentation dans le discours d’Agueda Lozano, s’il existe, reste insoluble. Ses énigmes correspondent à celles de toute autre manifestation de l’art abstrait : elles sont là comme témoignages d’une sensibilité engagée à se faire connaître, à se dédoubler dans sa prétention communicative, aspirant et postulant à un dialogue avec le spectateur. Ses revendications tourneront toujours autour des toiles et des volumes, mais n’adhèrent jamais ni matériellement ni conceptuellement aux surfaces ; elles déambulent en elles et en eux sans identité précise dans l’espace de territoires aussi incertains. Gaston Diehl le saisit et le comprend parfaitement quand il qualifie cette façon particulière de fabriquer des réalités esthétiques de « questionnement dramatique » et de « purification irradiante ». Il souligne avec raison : « Progressivement elle tend à se débarrasser des adjonctions un peu spectaculaires de matière ou de pâte, afin d’accéder à une plus rayonnante épuration, ce qui contribue à accentuer le caractère de dramatique interrogation posée par son œuvre ».

Iconographie en mouvement constant, composée d’ondulations, d’égratignures, de cicatrices, de déplacements circulaires, de plis, de rides, de caprices concaves et convexes, de forces qui conduisent aux périphéries des surfaces qui les contiennent, qui sont toujours des carrés consacrés peut-être à enfermer leurs secrets et leurs énigmes plus en forme de questions qu’en énoncés convaincants. L’artiste entre en contact avec nous par la peau de son expression, partage avec nous et nous suggère des symboles et des signes, des formes des textures et des couleurs mais sans compromis. L’œuvre fait abstraction d’une vraie intentionnalité . Elle se compose au contraire d’une offre plurielle d’intuitions, d’émotions et d’idées disparates transposées aux possibilités mêmes de dialogue et d’invention que lui offre la matière.

La préciosité de sa technique et l’accent rationalisant de sa composition pourraient nous confondre, en nous plongeant dans le doute de nous mêmes ses œuvres découlent d’un dessin préconçu. Dans son cas la perfection du fini et l’harmonie atteinte évitent la rigidité du modèle se mêlant aussi bien à l’opération d’un singulier domaine : celui de la création en liberté qui, sans cesser de penser et sentir, transcende les motifs évidents.. La structure narrative est ouverte et ne se réfère à aucune proposition particulière.. Elle se transforme en se dépliant dans la toile ; sa pudeur permet à ceux qui observent l’œuvre d’en proposer la lecture et, de surcroît, leur ressenti. C’et un discours appropriable qui permet à l’observateur de rencontrer, d’ imposer ou de supposer des analogies avec des objets réels et figuratifs. Il fait face au défi de l’appréhension du monde avec la même ténacité que les milices armées de Bernard de Claraval ont éludées les fates raisons du combat et de la guerre « passion de colères incontrôlées, la soif de vanité ou l’avarice de conquérir de lointains territoires».

Ses armes sont tout autres : sérénité, son œuvre émerge d’une conscience active en harmonie avec le contexte et l’interlocuteur, l’humilité, la disposition qui conduit et oriente le processus créatif, repose sur la vocation et le rythme qu’impose l’atelier, avec ses essais et ses tentatives, ses corrections et ses ajustements , et la conviction, la consistance qui apparaît dans la solution de chaque défi constructif et prédicatif de son propre canon, en évitant les contaminations à la mode, en combattant l’usage de formules et profitant des expériences que l’histoire de l’art offre.

Le tempérament artistique d’Agueda Lozano renvoie à une géométrie essentielle d’où ressortent le carré fixe et la courbe mouvante La tension qui s’établit entre de telles constantes de sa production, nous invite à une recomposition de l’espace et de ses formes. Nous pourrions ainsi associer les états d’âme et les intentions conceptuelles à la relation enrichissante, qui affirment, soutiennent et dissolvent le permanent et le mutable. A ce sujet Roberto Guevara a écrit : « mûrir, confronter, apprendre à dire et à démentir, signifie la rencontre avec les propositions constructives, d’où probablement un nouveau sens de l’ordonnance plus rigide et tendue tire son origine, avec l’usage de plans entiers géométriques et un espace qui est également différent, méditatif, étrange si l’on veut, car il ressemble à la solitude, au déracinement et à l’impulsion dramatique de l’homme à transcender ses limites : une dialectique de l’espace qui va se convertir en dialectique des formes, ses relations et ses tensions. Mutation et métamorphose, signe invariant dans l’exécution, y compris à partir de la projection conceptuelle. Rotation constante de l’alphabet visuel que dénote sa relecture, sa recomposition. Les même symboles et gestes mais dans un localisation différente dans la bi-dimensionnalité de la toile et dans la profondeur de la sculpture.

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